Lorsque nous souhaitons atteindre un objectif, nous pouvons compter sur nos aptitudes personnelles et sur notre volonté d’agir.

« C’est déjà bien !» me direz-vous.

Et moi de vous répondre : « Oui, vous avez raison, c’est déjà bien. Mais si je vous demande pourquoi à aptitudes égales et à volontés égales, nous n’atteignons pas tous le même niveau de performance ? Que me répondrez-vous ? »

(Je parle bien sûr de personnes évoluant dans un contexte environnemental, social, professionnel similaire pour ne pas ouvrir la porte à de légitimes remarques et questions qui nous mèneraient vers une autre conversation constructive mais qui n’est pas notre sujet du jour).

Je vais même plus loin : « Comment se fait-il que des personnes ayant à priori moins d’aptitudes que moi y arrivent alors que moi, non ? »

C’est ici qu’intervient une dimension clé, facteur essentiel de nos réalisations, de nos réussites : le S.E.P, Sentiment d’Efficacité Personnelle.

Le sentiment d’efficacité personnelle, c’est quoi ?

Le sentiment d’efficacité personnelle désigne « les croyances des individus quant à leurs capacités à réaliser des performances particulières. Il contribue à déterminer les choix d’activité et d’environnement, l’investissement du sujet dans la poursuite des buts qu’il s’est fixé, la persistance de son effort et les réactions émotionnelles qu’il éprouve lorsqu’il rencontre des obstacles » 1

Quelles que soient les étapes à franchir, quels que soient nos objectifs à atteindre, nous portons tous notre propre jugement, nos croyances personnelles sur nos capacités à réussir, et cela malgré nos compétences et aptitudes. (Bien sûr certaines compétences techniques, certaines aptitudes initiales, si elles nous manquent, influeront à raison sur notre jugement. Mais, à un niveau proportionnellement moins impactant sur notre action que l’influence que peut avoir notre Sentiment d’Efficacité Personnelle).

Si j’ai un fort sentiment d’efficacité personnelle, alors…

Alors, je crois fortement en mes capacités, en mes possibilités et je vais me mobiliser entièrement vers l’atteinte de mon objectif.

« Les personnes qui croient fortement en leurs possibilités abordent les tâches difficiles comme des défis à relever plutôt que comme des menaces à éviter, ce qui augmente l’intérêt qu’elles y trouvent. Elles se fixent des objectifs stimulants et conservent une forte implication à leur égard, investissent beaucoup d’efforts et les augmentent en cas d’échecs ou de reculs. Elles restent centrées sur la tâche et raisonnent stratégiquement en face des difficultés. Elles attribuent l’échec à un effort insuffisant, ce qui favorise une orientation vers le succès, et elles récupèrent rapidement leur sentiment d’efficacité après un échec ou une baisse de performance.

Enfin, elles abordent les menaces ou les stresseurs potentiels avec la confiance qu’elles peuvent exercer un certain contrôle sur eux. Cette perspective efficace améliore les performances, réduit le stress et diminue la vulnérabilité à la dépression. » 2

Si j’ai un faible sentiment d’efficacité personnelle, alors…

Alors, je vais douter sur mes capacités. Douter parfois au point même de ne pas me lancer dans tel ou tel projet par crainte de ne pas y arriver. Mes aptitudes sont pourtant bel et bien présentes mais sont écrasées par le poids du doute, masquées par le voile de notre manque de persuasion en nos capacités.

« Ces personnes évitent les tâches difficiles dans les domaines où elles doutent de leurs capacités. Elles ont du mal à se motiver et diminuent leurs efforts ou abandonnent rapidement devant les obstacles. Elles ont des aspirations réduites et s’impliquent faiblement vis-à-vis des objectifs qu’elles décident de poursuivre » 2

croire en ses capacités, sentiment d'efficacité personnelle, coaching

Le sentiment d’efficacité personnelle, ça se travaille ?

Il faut préciser que le Sentiment d’Efficacité Personnelle n’est pas un état d’être général mais une dimension propre à un domaine spécifique ou une tâche précise. Si j’ai un SEP faible, cela ne veut pas dire que je doute de mes capacités pour tout, ou à l’inverse, avec un SEP fort, je ne crois pas en mes capacités pour tous les domaines.

Je peux avoir un SEP fort pour une activité artistique et me sentir douter de mes capacités pour une activité manuelle.

Il est donc intéressant de travailler ce Sentiment d’Efficacité Personnelle, car, oui, bonne nouvelle, c’est un facteur sur lequel nous pouvons agir.

Les sources du sentiment d’efficacité personnelle

Connaitre les différentes sources d’information participant à la construction de notre Sentiment d’Efficacité Personnelle peut nous permettre de mieux appréhender son mécanisme et ainsi le faire évoluer, le faire grandir pour notre plus grand bien.

Voici les 4 sources d’informations qui entrent en jeu :

Les expériences actives de maitrise (nos expériences vécues, nos succès passés, nos échecs).

Cette source est une des plus importantes en jeu dans le SEP « car elle est fondée sur la maîtrise personnelle des tâches à effectuer. Plus un individu vivra un succès lors de l’expérimentation d’un comportement donné, plus il sera amené à croire en ses capacités personnelles pour accomplir le comportement demandé. Le succès, lorsqu’il n’est pas trop facile, renforce la croyance en l’efficacité personnelle alors que les échecs réduisent ce sentiment. » 1

L’observation des réalisations de nos pairs (autrement dit expérience vicariante ou modelage social).

En effet, lorsque nous voyons réussir des personnes ayant des caractéristiques proches des nôtres (âge, sexe, etc.), cela influe sur notre manière de penser notre réussite : si elle a pu réaliser ceci, je le peux aussi ! Cette personne prend le rôle de modèle, et plus elle nous est similaire plus elle influe sur notre SEP.

La persuasion par autrui (verbale, gestuelle, écrite).

Ici ce sont les avis, conseils, encouragements de personnes autour de nous, qui, exprimant leur confiance en nos capacités viendront élever un peu plus le niveau de notre SEP. Cela fonctionne si ces personnes représentent une expertise dans le domaine concerné, ou tout du moins une crédibilité ou alors tout simplement si cette personne fait référence pour nous en matière de conseils et de perception de nos capacités.

La quatrième source d’information concerne nos états physiologiques et émotionnels.

Ceux-ci, et plus particulièrement la perception que nous en avons, influencent directement notre SEP. Par exemple, si je me sens stressée avant un oral (une réunion que j’anime, un oral d’examen, etc.) je peux traduire les émotions qui arrivent comme un obstacle qui m’empêchera de réussir cet oral, ou bien comme une dose d’énergie dynamisante qui me permettra d’assurer. Cette traduction viendra ensuite alimenter mon niveau de SEP positivement ou négativement.

Pour conclure

Le Sentiment d’Efficacité Personnelle se construit tout au long de notre vie et est influencé par nos expériences, nos rencontres, notre connaissance de nous-même. Il est plus ou moins fort en fonction des domaines d’activités concernés. Il entre en jeu dans nos choix, que ce soit plus jeune, lors de nos choix d’orientation scolaire, ou plus tard dans nos choix professionnels ou nos choix de vie.

Lors d’un bilan de compétences, il est possible de voir apparaitre des doutes quant à nos capacités à nous investir dans un nouveau domaine professionnel, à évoluer en prenant de nouvelles fonctions (au sein de notre entreprise ou ailleurs), ou à suivre une formation pour acquérir les compétences qui nous manquent pour réaliser notre projet : votre coach est avec vous tout au long de ce parcours pour identifier ces doutes et vous accompagner à les lever tout en travaillant sur votre Sentiment d’Efficacité Personnelle.

 

  1. MaïlysRondier, «A. Bandura. “Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelleL’orientation scolaire et professionnelle[Online], 33/3 | 2004, Online since 28 September 2009, connection on 29 December 2020. URL : http://journals.openedition.org/osp/741 ; DOI : https://doi.org/10.4000/osp.741
  2. Jacques Lecomte, « Les applications du sentiment d’efficacité personnelle », Savoirs 2004/5